Dans un monde qui connait un profond bouleversement géographique et démographique, les besoins de mobilité ne cessent de croître tandis que des contraintes et exigences nouvelles se font jour. Fort d’un modèle d’affaires éprouvé au cours de ses 90 ans d’existence au service des infrastructures de transport (1), Colas se transforme pour proposer des infrastructures et des solutions de mobilité du futur (2) en prenant en compte les enjeux RSE propres à ses activités (3).

1. Un modèle d'affaires éprouvé

Construire une infrastructure ne se conçoit pas sans un dispositif de maintenance pour en assurer la pérennité des usages. Dans le cas des infrastructures de transport (routes ou rues, voie ferrées, aéroports…), la maintenance et la transformation de l’existant représentent de l’ordre de 90% du marché, ce qui se traduit par la réalisation d’un grand nombre de chantiers de petite taille (140 k€ par chantier en moyenne). Pour réaliser ces milliers de chantiers, Colas s’appuie sur un maillage territorial d’établissements de proximité.

Il est également nécessaire de disposer d’un parc important d’équipements et de matériels de tous types, fixes et mobiles, répartis sur l’ensemble des territoires ; pour garantir l’utilisation et la rentabilité de ces actifs coûteux, Colas s’efforce, dans chaque territoire, de sécuriser un volume d’activité suffisant dans une perspective de moyen / long terme.

Les activités de Colas requièrent beaucoup de main d’œuvre dont une forte proportion de compagnons ; ces derniers représentent actuellement 65% des effectifs du Groupe. Colas s’attache à offrir à ses collaborateurs, sur tous les territoires, des conditions de vie au travail satisfaisantes et suffisamment attrayantes aux yeux des futurs embauchés. L’engagement des collaborateurs ne peut se faire sans l’affirmation et la mise en œuvre effective de valeurs fortes que constituent l’éthique, la sécurité et le respect des droits humains. 

Fort de ces constats, Colas a développé un modèle d’affaires qui repose sur les principes suivants :

  • Conduire ses activités à travers des implantations pérennes de proximité et à taille humaine, partout dans le monde.
  • Permettre à ses établissements de s’adapter de façon décentralisée aux conditions locales, qu’elles soient techniques, humaines, climatiques, etc.
  • Faire bénéficier ses établissements et leurs clients des savoir-faire mutualisés d’un groupe mondial.

Pour enrichir ce modèle d’affaires, Colas a développé des expertises et activités complémentaires :

  • La réalisation de constructions neuves de taille importante nécessite des expertises « projet » (ingénierie, financement, pilotage, exécution…), complémentaires des savoir-faire des activités habituelles de Colas. Ces expertises sont réunies au sein de l’entité Colas Projects qui intervient en support de l’ensemble du réseau d’établissements pérennes du Groupe. A l’occasion de ces grands chantiers, Colas Projects génère également des avancées techniques et organisationnelles, lesquelles contribuent ainsi à enrichir les compétences du réseau.
  • Afin d’offrir aux clients et usagers les meilleures conditions possibles de mobilité au meilleur prix, il est essentiel pour Colas de connaître et de maîtriser la chaîne de valeur en amont de ses activités travaux : c’est ainsi que Colas a développé au fil des années des positions fortes dans la production de granulats et dans la transformation et la distribution de produits à base de bitume. Grâce à son expertise unique dans ces deux activités, Colas revendique une longue tradition d’innovation. De plus, l’intégration des activités granulats, bitume et travaux confère à Colas une capacité accrue à maîtriser leurs impacts (bilan carbone par exemple).
  • Enfin, pour optimiser et pérenniser sa présence dans certains territoires, notamment insulaires ou isolés, Colas y réalise des activités connexes à ses activités traditionnelles : génie civil, réseaux, environnement, bâtiment, etc…

2. Des solutions pour une mobilité responsable

La construction et la maintenance d’infrastructures de mobilité satisfont un besoin essentiel de l’humanité ; toutefois, elles ne peuvent se concevoir sans prendre en compte les problématiques environnementales qui y sont attachées : impact des émissions des moteurs thermiques, consommation de ressources naturelles (granulats, hydrocarbures), morcellement des écosystèmes, artificialisation des sols, etc. Pleinement conscient de ces enjeux qui relèvent plus globalement des transitions énergétique et écologique, Colas se mobilise pour faire évoluer ses activités en conséquence. Pour cela, Colas s’appuie sur son modèle d’affaires historique pour répondre aux problématiques propres à chaque territoire mais aussi sur sa capacité de groupe mondial pour capitaliser sur les retours d’expérience positifs et produire des innovations de rupture.

Les questions de mobilité deviennent un enjeu de plus en plus complexe des sociétés humaines, qu’il s’agisse de l’interaction des modes de transport, des fonctionnalités multiples des infrastructures elles-mêmes ou de l’évolution rapide des comportements ou attentes des usagers : il en résulte une interpellation sociétale des métiers de Colas. Sans privilégier un mode de transport plus qu’un autre, le métier de Colas est de les servir tous selon les arbitrages des décideurs publics et de promouvoir les solutions les plus efficientes et durables. Ainsi Colas se transforme et se positionne progressivement comme un intégrateur global de solutions de mobilité responsable, tout particulièrement dans la perspective de la route augmentée (« smart road ») et de la ville durable. Pour mener à bien cette évolution, Colas mobilise l’intelligence collective de ses équipes et noue des partenariats avec les acteurs de l’univers des services ou du digital.

L’univers concurrentiel de Colas évolue et se complexifie. En tant que leader mondial du secteur des Travaux Publics, Colas est en compétition avec les majors français et européens (Eurovia, groupe CRH, etc…) que ce soit en France ou à l’international. Colas est par ailleurs conscient de la concurrence accrue d’entreprises issues des pays émergents dynamiques (Turquie, Chine, Brésil, …), notamment dans des régions du monde en développement. Enfin, sur les nouveaux marchés comme celui de la ville durable, on assiste à l’arrivée de nouveaux entrants venus du secteur du numérique qui se positionnent comme des acteurs de la transformation de la ville, du cadre de vie et de la mobilité.

3. Les enjeux RSE des activités de Colas

Les infrastructures de mobilité portent les contradictions usuelles du développement durable : d’un côté, elles répondent à un besoin essentiel pour le développement des sociétés humaines mais de l’autre, elles génèrent des impacts négatifs pour les parties prenantes. Pour réconcilier ces contradictions, Colas concentre ses efforts sur plusieurs enjeux spécifiques à ses activités :

  • Optimisation du coût global : pour le contribuable ou l’usager, il est beaucoup moins coûteux sur le long terme de procéder à la maintenance régulière d’une infrastructure de transport plutôt que de la reconstruire après l’avoir laissé se dégrader au fil des années ; l’optimisation du coût global dans la durée génère autant de bénéfices RSE : économie d’énergie, économie de matériaux, économie d’accidents, plus grande satisfaction des usagers, efficacité du système de transport, etc. Colas, qui réalise l’essentiel de son chiffre d’affaires dans des activités de maintenance d’infrastructures, propose également un éventail de solutions permettant aux propriétaires d’infrastructures de réduire leur coût global de possession, voire de disposer de leur infrastructure comme d’un service (« road as a service »).
  • Économie circulaire : les granulats, roches, sables et graviers sont la matière première la plus consommée par les sociétés humaines, à raison de cinq tonnes par an environ par humain sur terre ; seule la consommation d’eau pour tous les usages de l’humanité dépasse ce chiffre. Or, on estime qu’environ la moitié de cette consommation de granulats est utilisée pour les infrastructures de transport. L’économie de matériaux est ainsi un enjeu majeur des activités de Colas. Cette économie peut être réalisée par le recyclage, pratiquement sans limite, des infrastructures déconstruites (bétons, enrobés…) mais aussi par la réutilisation de déchets ou de sous-produits d’autres secteurs économiques : mâchefers d’incinération, laitiers de hauts-fourneaux, déchets de plastique, bitume de raffinage (qui a remplacé les goudrons d’usines à gaz utilisés au siècle dernier), décombres des guerres, etc. Cette contribution à la boucle locale d’économie de matériaux et plus généralement, à l’économie circulaire, fait de Colas un leader du recyclage au plan mondial. Le recyclage est également un enjeu très fort en termes d’énergie : par les quantités de matériaux qu’elles mobilisent, les activités de Colas sont naturellement énergivores en termes d’extraction, de transport et de mise en œuvre et le recyclage, de même que la maintenance programmée, permettent à Colas de diminuer sensiblement son empreinte énergétique.
  • Protection de la nature : si certaines activités de Colas occupent une emprise au sol significative (gravières et carrières pour l’extraction des granulats), Colas est surtout concerné par l’emprise des infrastructures linéaires qu’il construit ou maintient. Ces dernières sont un facteur de morcellement des écosystèmes ; en outre, elles permettent aux populations humaines d’accéder à des espaces naturels qu’elles peuvent ensuite artificialiser. Ce phénomène constitue un enjeu majeur de développement durable qui interpelle nos sociétés, en particulier les moins développées. Colas ne dispose pas de levier pour réduire l’emprise des infrastructures existantes dont la maintenance constitue l’essentiel de son activité : elles sont déjà artificialisées et il est préférable de les entretenir et d’en améliorer l’efficacité plutôt que d’en créer de nouvelles. En ce qui concerne les sites d’extraction de granulats, il n’existe pratiquement plus de pays où il soit toléré d’ouvrir de tels sites dans des espaces naturels de qualité : la réduction des besoins par le recyclage et la prise en compte de la biodiversité environnante constituent néanmoins un impératif d’acceptation sociétale pour Colas.
  • Progression sociale : dans des économies qui ne cessent de se complexifier, un enjeu sociétal croissant est l’accès et le retour à l’emploi de personnes peu qualifiées ainsi que le maintien d’un « ascenseur social ». Aucune société ne peut faire durablement consensus si elle n’offre pas à ses citoyens des chances de travailler et de progresser par eux-mêmes. Or les activités de Colas sont aujourd’hui parmi les rares à offrir, même à des personnes peu qualifiées, une opportunité d’intégration et de progression sociale : Colas valorise ainsi le sens du concret, le travail en équipe, la culture d’entrepreneur, donne la priorité à l’emploi local, investit dans la formation et offre des possibilités de promotion. Colas apporte ainsi une contribution unique au « vivre ensemble » des sociétés au sein desquelles ses activités s’exercent, et en particulier les moins développées. 
  • Sécurité : les activités de Colas exposent les intervenants (collaborateurs Colas, intérimaires, sous-traitants…) à des risques en matière de sécurité. La maîtrise de ces risques et la réduction du nombre d’accidents nécessite un engagement et une vigilance de tous les instants. Colas doit aussi gérer l’enjeu de société que constituent les accidents de la route dans tous les pays. Année après année, Colas renforce les actions visant à accroître la sécurité de ses activités (formation, prévention, audits…) dans le but de faire de la sécurité une composante fondamentale de sa culture.
  • Éthique et frugalité : Les activités de Colas dépendent essentiellement de la commande publique ou de celle de grands groupes structurés (sociétés d’autoroutes, opérateurs ferroviaires, miniers, etc.) : dans ces activités, la concurrence est forte, d’autant que la différenciation est restreinte par les cahiers des charges et par le choix quasi-systématique du moins-disant. La faiblesse des marges qui en résulte génère un véritable impératif de frugalité mais aussi des risques forts en matière d’éthique des affaires : corruption, favoritisme, pratiques anti-concurrentielles. Comme pour la sécurité, Colas agit avec détermination pour faire de l’éthique un pilier essentiel de la culture d’entreprise. Colas porte également une attention particulière à ses coûts d’exploitation, pour préserver sa compétitivité mais aussi pour conserver la possibilité d’allouer des budgets à l’innovation et au développement.